Benoit Foucher SS 2016

La mer avait tout envahi et avec elle, si effroyables soient-ils, les souvenirs étaient réapparus avant de mourir, fracassés sur les façades des palais détruits.

Au crépuscule de leur vie, une femme et un homme marchent dans une cité lacustre, déserte. Dans ses flots, gronde l’insouciance perdue.

Ils errent, à l’ombre du soleil, de l’été fait pour l’amour naissant. Sans nom ni attaches, effrontément beaux sans le paraître, comme des criminels, ils retournent là où le drame du bonheur à commencé.

Ils ont vingt ans, cinquante ans, mille ans, fantômes de leurs passions, laissant derrière eux la ville se disloquer en un mystérieux parfum vénéneux.

Et puis la mer s’était retirée, très loin, au delà de l’horizon.

Durant vingt quatre heures, cachés, à l’abri de l’horreur du déluge, ils recréent, à partir de bribes, des chapeaux au rythme de leurs lointains amours jaillissants.

Texte & photos Benoit Foucher/Appertement PR